Monday, April 6, 2009

Review Presse

Darfour : les humanitaires enlevées en «bonne santé»

AFP
06/04/2009 | Mise à jour : 18:58
|

Appartenant à l'association humanitaire Aide médicale internationale (Ami), un Français et un Canadien ont été enlevés dans la nuit de samedi à dimanche dans le sud du Darfour.

Les deux travailleuses humanitaires de l'ONG Aide médicale internationale (Ami), une Française et une Canadienne, enlevées ce week-end au Darfour, dans l'ouest du Soudan, sont en «bonne santé». C'est ce qu'a affirmé lundi Ali Yussif, responsable du protocole au ministère soudanais des Affaires étrangères. «Nous ne ménageons aucun effort pour les libérer de manière pacifique.»

Selon le Centre soudanais des médias, un organe proche des services de renseignements, et une source des services de sécurité, les ravisseurs ont demandé une rançon en échange de la libération des deux otages. L'ONG française avait annoncé que les deux humanitaires expatriés avaient été enlevés dans la nuit de samedi à dimanche à Ed el-Fursan au Darfour-Sud, à une centaine de kilomètres du Tchad, par des hommes armés non identifiés, sans préciser leur identité.

Deux employés soudanais tués précédemment

Au Darfour depuis fin 2004, Aide médicale internationale est implantée à Khor Abeche et Ed el-Fursan, la coordination étant assurée depuis une base à Nyala, la capitale du Darfour-Sud. Deux employés soudanais de cette ONG avaient été tués à la mi-février dans une attaque par des hommes à cheval et à chameau près de Khor Abeche. Un humanitaire soudanais travaillant pour l'ONG canadienne Fellowship for African Relief a aussi été tué en mars au Darfour-ouest.

L'enlèvement des deux membres d'Aide médicale internationale survient trois semaines après celui de cinq employés - un Français, un Italien, une Canadienne et deux Soudanais - de la section belge de Médecins sans frontières (MSF-Belgique) au Darfour-Nord. Les otages occidentaux avaient été libérés trois jours plus tard. L'enlèvement des humanitaires de MSF et de l'Ami est intervenu après l'émission d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour. Khartoum avait réagi en expulsant 13 ONG internationales actives au Darfour et annoncé un vaste plan de nationalisation des organisations humanitaires travaillant dans cette région aussi grande que la France. Malgré cela, «on poursuivait notre programme, on n'était pas visés», a déclaré dimanche Frédéric Mar, responsable communication et développement de l'Ami.

http://www.lefigaro.fr/international/2009/04/05/01003-20090405ARTFIG00186-deux-membres-d-une-ong-francaise-enleves-au-soudan-.php

Video:

http://www.tv5.org/TV5Site/afrique/index.php?edition=&par=2


Le TPI accuse le président soudanais de génocide

S.L. (lefigaro.fr)
14/07/2008 | Mise à jour : 20:08
| Commentaires 31 | Ajouter à ma sélection

Le procureur du Tribunal Pénal International, Luis Moreno-Campo, affirme avoir des preuves de son implication dans les crimes massifs commis contre les populations du Darfour. L'ONU craint des représailles sur le terrain.

C'est une requête d'un genre particulier que Luis Moreno-Campo, procureur de la Cour pénale internationale, a adressé au Soudan lundi. Il réclame en effet la délivrance d'un mandat d'arrêt à l'encontre d'Omar el-Bechir pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour.

«J'ai présenté aujourd'hui aux juges des éléments de preuve qui démontrent que le président du Soudan, Omar Hassan Ahmad al-Bachir, a commis des crimes de génocide, des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre au Darfour», a expliqué le procureur, de nationalité argentine.

«Le génocide se poursuit»

Le mandat d'arrêt vise surtout à empêcher la poursuite des exactions commises par les miliciens Janjawids contre les camps de réfugiés, où se rassemblent 2,5 millions de personnes originaires du Darfour, se poursuivent. «Le génocide est un crime d'intention, nous ne devons pas attendre que meurent ces 2,5 millions de personnes», assure Luis Moreno-Campo.

«Trois ans après que le Conseil de sécurité lui a demandé de mener une enquête au Darfour», le procureur assure qu'il a les preuves que le président Omar al-Bachir «a échafaudé et exécuté un plan visant à détruire une grande partie des groupes four, masalit et zaghawa en raison de leur appartenance ethnique».

«Le génocide se poursuit», ajoute Moreno-Campo, qui souligne que le viol systématique est un élément clef de la campagne orchestrée par les miliciens. «Des femmes de 70 ans, des petites filles de six ans sont violées», a observé le magistrat.

Une Chambre préliminaire va désormais examiner les éléments de preuve. Si les juges considèrent qu'il existe «des motifs raisonnables de croire que la personne citée a commis les crimes qui lui sont reprochés, ils décideront du meilleur moyen de garantir sa comparution devant la CPI».

Khartoum menace d'une «réaction»

Trois juges de la CPI ont reçu l'ordre de délivrer ce mandat d'arrêt contre le président soudanais. Khartoum a aussitôt rejeté cette demande d'inculpation, expliquant, par la voix du porte-parole du gouvernement, que «Maintenant nous sommes contre la CPI et nous rejetons toute décision de la CPI». Le Soudan menace d'ailleurs d'une «réaction» si l'affaire est portée à l'ONU.

Les Nations-Unis ont d'ailleurs relevé le niveau d'alerte pour son personnel travaillant au Darfour, notamment au sein de la force mixte ONU-Union africaine (Minuad) chargée du maintien de la paix, et des ambassades occidentales ont recommandé à leurs ressortissants de limiter leurs déplacements au Soudan, craignant le déclenchement de violences.

Les réactions internationales se sont multipliées. Londres, l'Union Européenne, Paris et Madrid demandent à Khartoum de «coopérer», la Ligue Arabe annonce qu'elle tiendra une réunion d'urgence samedi prochain sur le sujet. L'Union Africaine dit craindre pour la poursuite du processus de paix en cours. Quant à la Maison-Blanche, elle assure «étudier la demande» du TPI et appelle toutes les parties au calme.

Lundi soir, l'ONU annonce l'évacuation de son personnel non essentiel au sein de la Minuad (ONU et Union Africaine) pour limiter les risques, dans un contexte de «dégradation des conditions de sécurité au Darfour».

Depuis 2003, les affrontements entre forces gouvernementales et mouvements rebelles au Darfour ont fait jusqu'à 300.000 morts et déplacé 2,2 millions de personnes, selon l'ONU. Khartoum parle de quelque 10.000 morts.

http://www.lefigaro.fr/international/2008/07/14/01003-20080714ARTFIG00299-le-tpi-accuse-le-president-soudanais-de-genocide-.php

No comments:

Post a Comment